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Dans le cadre de la campagne électorale en cours, l’ADRIQ a transmis à la fin août son feuillet électoral auprès de l’ensemble des partis politiques. Plusieurs rencontres constructives ont déjà eu lieu — et nous entendons poursuivre le travail de terrain pour sensibiliser les partis politiques et leurs candidats à faire de l’innovation un projet de société pour l’émancipation et la prospérité du Québec.

Les discussions et débats en cours portent sur des enjeux fondamentaux. Ils devraient aussi porter, avec la même intensité, sur une question qui conditionne notre capacité à financer tout le reste et à relever nos défis de société: l’innovation.

Cinq priorités, douze mesures

Le feuillet électoral de l’ADRIQ propose des actions structurées autour des priorités suivantes :

  • Soutenir la recherche publique et accélérer sa valorisation;
  • Renforcer la maturité numérique et la culture d’innovation des PME;
  • Accélérer la précommercialisation et la commercialisation des innovations québécoises, notamment par :
    • Renforcer le soutien à la recherche appliquée
    • Faire de la propriété intellectuelle un moteur de croissance
    • Faire des marchés publics un levier d’innovation
    • Transformer le Québec en laboratoire d’adoption de technologies québécoises.
    • Un ajustement et  une bonification du crédit d’impôt CRIC;
  • Simplifier le parcours des PME au sein de l’écosystème d’accompagnement;
  • Accroître le soutien à l’innovation sociale.

      Le Québec possède tous les ingrédients pour figurer parmi les économies les plus innovantes en Amérique du Nord — Malgré ces atouts, l’écart se creuse plutôt qu’il ne se referme. Le plus préoccupant n’est pas seulement le retard : c’est la tendance. Selon la récente Grande enquête sur l’innovation en entreprise, la proportion d’entreprises québécoises ayant réalisé un projet d’innovation est passée de 69 % à 55 % en deux ans à peine et seulement 16 % d’entre elles présentent une culture d’innovation mature. Ce ne sont pas des données abstraites. Les PME génèrent plus de la moitié de la richesse créée au Québec, et ce sont elles qui portent aujourd’hui le poids de ce retard : parcours d’accompagnement dispersé, contraintes financières, maturité numérique inégale, difficulté à commercialiser leurs innovations. Derrière chaque point de pourcentage, il y a des emplois, des services publics à financer et un pouvoir d’achat qui stagne.

      Le vieillissement de la population, les tensions commerciales avec les États-Unis, la transformation rapide des modèles d’affaires par l’intelligence artificielle et la transition énergétique : ces bouleversements convergent tous vers la même conclusion. L’innovation n’est plus un secteur d’activité parmi d’autres ; elle est devenue une condition de notre prospérité collective.

      Le véritable défi du Québec, c’est de convertir plus rapidement notre savoir-faire en gains de productivité, en entreprises de classe mondiale et en bénéfices tangibles pour la population. Les choix du prochain gouvernement détermineront si le Québec demeure un créateur de richesse et d’innovation sociale, ou s’il devient progressivement un simple utilisateur des innovations développées ailleurs.

      L’innovation n’est pas un enjeu partisan : c’est un projet de société