Les dirigeants canadiens optimisent-ils l’IA ?

mars 7, 2019 1:44 Publié par Marilyn Remillard Catégorisé dans:

La plupart des chefs de direction canadiens estiment que l’intelligence artificielle (IA) transformera fondamentalement leur entreprise au cours des cinq prochaines années, mais ils ne savent pas encore vraiment comment, car les entreprises canadiennes commencent à peine à l’adopter. Comment les chefs d’entreprise canadiens peuvent-ils faire progresser le changement au sein de la main-d’œuvre et se préparer à un avenir que peu d’organisations ou d’industries peuvent définir ?

L’IA : Manque à l’appel

84 % des chefs de direction canadiens estiment que l’IA transformera fondamentalement leur entreprise au cours des cinq prochaines années.

Même si les chefs de direction canadiens reconnaissent que l’IA aura une incidence sur leur entreprise, la plupart n’ont pas encore vraiment tâté le terrain. Alors que 4 chefs de direction canadiens sur 10 estiment que l’IA est présente dans leur entreprise dans une certaine mesure, la plupart de ces mêmes répondants précisent qu’ils utilisent la technologie de façon limitée. Les chefs de direction passent beaucoup de temps à réfléchir au concept de l’IA, au lieu de prendre des mesures concrètes pour la mettre en œuvre globalement.

L’IA continuera de changer notre façon de faire des affaires. C’est pourquoi les chefs de direction canadiens doivent chercher à mieux comprendre comment appliquer l’IA à l’ensemble de leur entreprise. Leurs décisions stratégiques sont encore souvent fondées en grande partie sur l’instinct. Pourtant, l’IA peut transformer les données en renseignements précieux et en recommandations éclairées pour une meilleure prise de décisions. En matière d’expérience client, par exemple, l’IA sert à anticiper les besoins et à prédire les comportements.<

Exploiter la puissance de l’IA

L’intelligence artificielle, la robotique et l’automatisation intelligente pourraient être la clé de la croissance, car elles peuvent contribuer à améliorer l’expérience client et à analyser les données à une échelle et à une vitesse qui se traduiront par des efficiences de coûts. Toutefois, les chefs de direction canadiens prévoient aussi que l’IA perturbera le marché de l’emploi en plus de leur entreprise. En fait, la disponibilité de main-d’œuvre qualifiée est la principale préoccupation qui ressort de l’enquête de cette année. D’ailleurs, 47 % des répondants estiment que l’IA supplantera plus d’emplois qu’elle n’en créera à long terme. Pour maîtriser l’IA, les entreprises doivent s’attaquer à ce problème.

Non seulement, les entreprises doivent-elles combler des lacunes en matière de compétences pour exploiter la puissance de l’IA, mais plus de la moitié des chefs de direction canadiens estiment que le fait de ne pas avoir accès aux personnes possédant les bonnes compétences les empêche de favoriser l’innovation, de créer de la valeur et de proposer des expériences client distinctives.

Transformer notre façon de travailler

88 % des chefs de direction canadiens ont déclaré être inquiets de la disponibilité de la main-d’œuvre qualifiée requise dans leur secteur d’activité, comparativement à 51 % en 2018.

Les chefs de direction canadiens sont d’avis que le meilleur moyen de combler les lacunes en matière de compétences est d’établir un solide bassin de candidats directement auprès des établissements d’enseignement. Globalement, toutefois, les chefs de direction ont une opinion différente : ils tendent à accorder la priorité au recyclage et au perfectionnement de leur personnel. De plus, les deux tiers des chefs de direction canadiens sont ouverts à l’idée d’une aide gouvernementale pour recycler les travailleurs dont l’emploi sera devenu obsolète à cause de l’IA. Mais les entreprises ne peuvent pas attendre que le gouvernement et les établissements d’enseignement règlent le problème : des milliers d’emplois disparaîtront si elles ne munissent pas leurs employés des nouveaux outils dont ils ont besoin.

Ce manque de compétences entrave les progrès de l’IA, et l’embauche de plus de professionnels et de spécialistes des données ne réglera pas tout. Les compétences numériques doivent s’accroître à l’échelle de l’entreprise, et les chefs de direction ont tout intérêt à créer un environnement favorable à ce changement. Le passage de la main-d’œuvre au numérique exige l’acquisition de nouvelles connaissances, de compétences différentes et d’un tout autre état d’esprit. Le temps est venu de donner à tous le pouvoir de transformer leur manière de travailler.