Québec ferme la porte à Bombardier

octobre 17, 2017 7:58 Publié par Marilyn Remillard Catégorisé dans:

Ni Ottawa ni Québec ne sont prêts à aider encore la multinationale

La numéro 2 du gouvernement Couillard ne volera pas au secours de Bombardier qui penserait vendre ses jets Q400 et ses jets régionaux pour souffler financièrement, a-t-elle prévenu lundi, en marge de l’inauguration de Centre d’innovation client d’IBM à Montréal.

« Les contribuables québécois ont investi collectivement plus d’un milliard $. Le gouvernement du Québec a fait sa part », a tranché Dominique Anglade, ministre de l’Économie, de la Science et de l’Innovation.

C’est l’agence de presse Bloomberg qui a dévoilé que le fleuron québécois chercherait à vendre certains de ses actifs, dont ses jets Q400 et certains jets régionaux. Les droits compensatoires et antidumping de près de 300 % font mal à Bombardier.

Selon la vice-première ministre, Bombardier veut moins des partenaires financiers que des partenaires d’affaires à qui vendre ses fameux appareils. Mais Québec n’interviendra pas pour les aider à trouver des acheteurs du C Series. « Il n’y a rien sur la table en ce moment », a-t-elle insisté.

Mme Anglade rappelle avoir investi dans la C Series pour préserver les emplois québécois et pour s’assurer que le siège social de cette division reste ici.

Aucune inquiétude

« L’appareil C Series est un bel avion. Nous travaillons avec Bombardier pour l’aider à avoir accès à de nouveaux marchés », s’est limité à dire Navdeep Singh Bains, ministre de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique du Canada, qui accompagnait Mme Anglade lors de la visite des bureaux d’IBM.

M. Bains ne craint pas pour l’instant une baisse de la production d’appareils Q400, assemblés à Toronto ou de la gamme CRJ, fabriqués à Mirabel. « C’est de la spéculation. Rien n’est confirmé », a-t-il indiqué.

Silence radio

De son côté, le Syndicat des machinistes, qui représente près de 4500 travailleurs de Bombardier dans la grande région de Montréal, a refusé de commenter la sortie publique de Québec.

Même si le syndicat a lancé une vaste campagne publicitaire visant à faire valoir les droits des travailleurs intitulée « Tous debout », lundi matin, son porte-parole n’a pas voulu réagir à la vente possible d’actifs de Bombardier, la qualifiant « d’hypothèse ».

Source : Francis Halin, Journal de Montréal, 16 octobre 2017