Mindset : ces (autres) écouteurs montréalais font un tabac sur Mindset : ces (autres) écouteurs montréalais font un tabac sur Kickstarter en lisant dans vos pensées en lisant dans vos pensées

mars 14, 2017 3:00 Publié par Marilyn Remillard Catégorisé dans:

Il y a trois choses qui marchent bien sur Kickstarter. Des trucs haut de gamme. Des gadgets qui sortent du cadre. Et des écouteurs. Mindset, c’est tout ça en même temps, avec capacité de lire vos pensées en prime.

Étonnante et apparemment inépuisable, la popularité des écouteurs dans le petit monde du sociofinancement. Mais les jeunes entrepreneurs montréalais ont trouvé là une niche intéressante. Pensons aux écouteurs sans fil Phazon. Puis aux écouteurs à moulage automatique Revols. Et à ce nouveau venu : Mindset.

Fruit du travail de deux étudiants de l’Université McGill, le casque d’écoute sans fil Mindset est dans cette lignée. Comme Revols, il a droit à un solide coup de pouce de l’accélérateur chinois HAX (qui se définit comme «la Silicon Valley du matériel électronique»), et du fabricant japonais de systèmes de son Onkyo, qui est partenaire de HAX.

Ça permet à David Doyon et Jacob Flood, qui ont créé cet appareil unique en son genre, de pouvoir le présenter comme le casque Mindset – Powered by Onkyo («animé par Onkyo», pourrait-on traduire). Sur Kickstarter, inutile de dire que ça aide à mousser la crédibilité d’un produit!

La combinaison a fait mouche : au moment d’écrire ces lignes, le projet a accumulé 413 000 $ sur Kickstarter, loin au-delà de l’objectif initial de récolter 100 000 $. Et il reste encore trois semaines avant que le projet n’expire.


Vidéo explicative du casque Mindset. (Vidéo: David Doyon/Mindset)

Interpréter la signature électrique du cerveau

L’autre particularité de ce casque : les trois capteurs biométriques logés dans l’arceau qui lie les deux oreillettes. Ceux-ci sont garnis de petites pointes métalliques et d’une délicate suspension qui ont pour tâche d’aller faire contact avec la peau, sous les cheveux. Ça marche «à peu près dans 90 % des cas», explique Jacob Flood. Ça dépend évidemment de votre coiffure. Mais même chevelu comme peut l’être votre humble serviteur, le contact se fait, alors…

Activés, ces contacts récupèrent les signaux électriques émis par le cerveau, à raison de 250 fois par seconde, et les traitent de 600 façons différentes afin d’estimer, avec une précision épatante, le niveau de concentration de l’utilisateur.

Pour un usage professionnel, un tel appareil utiliserait beaucoup plus de capteurs, serait collé à la peau, et serait si encombrant qu’il serait hors de question de le porter au bureau. Ici, c’est l’équivalent, pour capter le comportement du cerveau, des capteurs cardiaques qu’on retrouve sous les montres d’exercice modernes.

Pour le reste, le casque Mindset refile le traitement des données à un ordinateur personnel, en le jumelant via Bluetooth. Une application récupère alors les données et les interprète afin d’aider l’utilisateur à se concentrer. Logés dans la portion centrale du crâne, les capteurs sont alignés sur les zones du cerveau qui donnent un bon indicateur de son état d’alerte et de distraction. C’est notamment là où le cerveau interprète les données visuelles, notamment.

Quand on est concentré, dans un environnement de travail, on a tendance à fixer son sujet du regard, n’est-ce pas?

Ces capteurs identifient aussi l’état d’engagement dans une tâche cognitive précise, comme la résolution d’équations mathématiques. Même chose ici : ça demande un certain effort du cerveau qui peut être détecté par ces capteurs.

Et ça semble fonctionner. En guise de test, un prototype du casque sur la tête, on a essayé de soulever une enclume virtuelle à l’écran d’un PC en la fixant simplement du regard. Celle-ci s’élevait quand on faisait le vide autour, et chutait quand on regardait ailleurs, ou quand on posait une question aux deux acolytes de Mindset.

Comme chaque personne est unique, la signature électrique de chaque cerveau est unique. Il suffit de calibrer le casque, la première fois, afin de le personnaliser. Ensuite, il pourra vous signaler quand vous tombez en déficit d’attention. Si ça peut remettre sur rails une productivité en baisse de régime, une telle technologie promet aussi d’aider «les gens souffrant de maux plus graves, s’apparentant à des déficits d’attention», observent les deux jeunes entrepreneurs.

Les capteurs intégrés à l’arceau du casque. (Photo: Mindset)

20 000 heures de distraction

Au bureau, en moyenne, on subit une distraction toutes les 11 minutes. Dans une carrière, ça s’additionne et on finit avec quelque 20 000 heures perdues à regarder le voisin de cubicule faire le pitre, à écouter l’adjointe du patron raconter sa soirée au Centre Bell, et ainsi de suite.

Le casque Mindset agit d’abord comme un casque stéréo sans fil insonorisé, ce qui coupe une partie de ces distractions. Les capteurs et l’application entraînent votre cerveau à développer sa concentration. Les données que vous accumulez ensuite pourront vous aider à mieux identifier ces moments dans la journée où vous êtes à votre meilleur.

«Par exemple, j’ai découvert que j’atteignais un sommet d’efficacité d’un peu plus d’une heure, le matin, tandis que j’étais un peu moins productif l’après-midi. Alors, je peux concentrer mon boulot en matinée, et assister à des rencontres après le lunch», illustre Jacob Flood.

Bon à savoir. À partir de décembre, quand le casque Mindset sera formellement mis en vente, il faudra allonger quelque 350 $ pour s’en procurer un. David Doyon explique que c’est le prix d’un casque stéréo haut de gamme plus classique, et que par conséquent, la prime payée pour hériter des fonctions biométriques de son produit est à peu près nulle.

Cela dit, l’appareil est en prévente à 250 $, ce qui semble plus raisonnable pour un tel produit. Mais bon, au prix où Beats vend ses propres écouteurs depuis quelques années, ça laisse beaucoup de marge de manœuvre pour des produits innovateurs comme le Mindset. Ou les Phazon.

Est-ce là un autre facteur expliquant la popularité des casques stéréo qui sortent des sentiers battus?

Source : Alain McKenna, les affaires, 14 mars 2017