Lettre ouverte – Recherche et innovation : pas un choix, mais une obligation

décembre 22, 2016 10:02 Publié par Marilyn Remillard Catégorisé dans:

Les membres du conseil d’administration de l’Association pour le développement de la recherche et de l’innovation du Québec (ADRIQ) sont préoccupés par l’état de la recherche et de l’innovation au Québec et au Canada. Depuis une décennie, le Québec et le Canada ont pris un retard important en matière de recherche et d’innovation, toutes les études et analyses le démontrent.

La preuve est faite depuis longtemps: plus de recherche et d’innovation assure une meilleure performance économique des pays qui y consacrent des efforts. Devant les enjeux de notre société, tant environnementaux que sociaux ou économiques, et dans un contexte de libre-échange de plus en plus large, la recherche et l’innovation ne seront pas un luxe, mais une obligation pour réussir à mieux performer et percer les marchés étrangers, source importante de notre croissance et de notre développement économique. Bref, notre retard en ces matières doit être comblé le plus rapidement possible. Il serait facile d’écrire que les gouvernements sont les principaux responsables de ce retard, mais la réalité est plus complexe. Ils ont certes un rôle à jouer comme catalyseur, mais il demeure que nos entreprises n’investissent pas assez en recherche et développement et ne sont pas les mieux outillées en gestion de l’innovation. Ultimement, l’étape de commercialisation est déficiente.

Nous avons pourtant plusieurs atouts pour nous démarquer et reprendre la pole position en ces matières: nos universités et centres de recherche possèdent des expertises et des infrastructures de recherche de classe mondiale, nos grandes entreprises (québécoises et étrangères) en sol québécois ont une importante capacité scientifique et technique de recherche et d’innovation et nous demeurons une terre propice à l’entrepreneuriat. Que nous manque-t-il donc, considérant ces atouts, pour permettre au Québec de se distinguer ici et sur les marchés étrangers? Depuis plusieurs années, des études et analyses ont démontré l’importance d’accroître la formation et les compétences en gestion de l’innovation du personnel dirigeant et des employés. L’innovation n’est pas une vague mode passagère dans l’entreprise. Pour réussir la gestion de l’innovation, il faut implanter durablement dans nos entreprises des processus et des valeurs managériales. Au passage, il est important de noter que l’innovation n’est pas seulement technologique, mais aussi organisationnelle et sociale, demandant ainsi aux dirigeants une vision stratégique pour implanter une véritable culture de l’innovation.

L’ADRIQ souhaite que les gouvernements fassent de la recherche et de l’innovation une priorité nationale afin de nous donner une vision cohérente, prévisible et dotée de moyens pour réussir à reprendre avantage de nos forces et atouts pour percer dans un monde de plus en plus concurrentiel. La recherche et l’innovation ne sont pas un choix, mais une obligation pour le futur du Québec. Et il faut en faire une préoccupation stratégique de tous les jours.

Albert De Luca, Associé, Deloitte et Président du C.A. de l’ADRIQ

Pascal Monette, Directeur général, ADRIQ

Source : Journal de Montréal