« L’erreur fréquente des gestionnaires TI : vouloir tout changer, trop vite »

juin 8, 2017 8:27 Publié par Marilyn Remillard Catégorisé dans:

Portés par leur enthousiasme et leur désir d’améliorer les processus, les gestionnaires de projets de transformation numérique négligent parfois le facteur humain. Or, la solution technologique a beau être extraordinaire, son succès dépend principalement des gens.

Vincent Émond se remémore souvent un important projet TI qu’il a mené dans une grande entreprise québécoise. Non pas pour son envergure, mais pour le temps qu’il a perdu lors de la mise en place de la solution. Et cela, parce qu’il n’avait pas été assez à l’écoute d’un des principaux utilisateurs.

«Cette personne avait des réserves et je n’en ai pas tenu compte au début, dit celui qui est aujourd’hui chef de pratique au Centre d’excellence numérique d’AXA à Hong Kong, l’un des plus gros assureurs au monde. J’aurais dû l’écouter plus rapidement dans le projet, le questionner, me mettre à sa place. »

Depuis, il a coordonné une trentaine de projets de transformation numérique, dont une dizaine à l’international. Et il accorde une grande importance au facteur humain.

Vincent Émond partagera son expérience lors du webinaire Engagez vos équipes TI dans la transformation numérique: les facteurs de succès, présenté le 13 juin prochain par les Événements Les Affaires. Gratuit, ce webinaire est une introduction à la conférence Forum TI qui se tiendra à Montréal en septembre.

Quand on entreprend un projet de transformation, on se bute à des processus implantés depuis des années et avec lesquels les gens sont habitués. L’erreur fréquente des gestionnaires TI, c’est de vouloir tout changer, trop rapidement.

«Ils veulent bien faire, mais la première étape devrait consister à connecter avec les utilisateurs pour gagner leur confiance, insiste le Québécois qui vit à Hong Kong depuis un an. Il faut se montrer plus empathique et ouvert à écouter et à comprendre leur point de vue. »

S’occuper de son jardin

Une erreur fréquente de la part des gestionnaires TI consiste à considérer les membres de leur équipe uniquement pour leur apport technique, selon Vincent Émond. «Or, il faut d’abord s’intéresser aux personnes.»

Ainsi, il recommande d’accorder le plus grand soin à la composition de l’équipe qui réalisera la transformation numérique. « Il faut des gens capables de travailler en équipe et de communiquer dans le respect. Les personnes individualistes, on essaie de les éviter dans la mesure du possible.»

Ce conseil vaut également pour les consultants externes, souvent de la partie lors de projets TI. « C’est important de passer ces gens en entrevue pour s’assurer du bon fit avec l’équipe. J’ai souvent vu des cas où, par manque de compatibilité, des experts ont pollué l’équipe en créant une mauvaise chimie. »

Lors du webinaire, le conférencier illustrera ses propos sur le facteur humain avec un projet TI qu’il a mené avec une équipe dispersée sur cinq fuseaux horaires. Comment créer un esprit d’équipe à distance, rassembler des gens d’un peu partout dans le monde autour d’un objectif commun ? On le saura le 13 juin prochain, à midi.

Source : Les affaires, 6 juin 2017