Quelles sont les freins à la commercialisation de l’innovation ? par Christian Travier

janvier 17, 2017 1:18 Publié par Marilyn Remillard Catégorisé dans:

Le 7 octobre 2015, l’Association pour le développement de la recherche et de l’innovation du Québec (ADRIQ) présentait la 5e édition de son Forum InnovAction.

Portant comme thème « Freins à la commercialisation de l’innovation : trouvons des solutions », l’objectif du Forum était de trouver des solutions pratiques aux freins à la commercialisation de nos entreprises pour que les innovations d’ici soient reconnues partout et que nos entreprises améliorent leur rendement et assurent une croissance durable.

L’ADRIQ tient à remercier tous les conférenciers, les participants ainsi que tous ceux qui ont collaboré, de près ou de loin, à l’organisation et au succès du Forum InnovAction 2015. Cette année, l’ADRIQ désire faire vivre le Forum plus d’une journée. Pour ce faire, nous vous présenterons les faits saillants sous forme de chronique accompagnés de capsules vidéo prisent lors du Forum.

Aujourd’hui, nous vous présentons notre toute première chronique mettant en vedette notre conférencier international monsieur Christian Travier, Directeur de Laval Mayenne Technopole.

Freins à la commercialisation de l’innovation

Selon monsieur Christian Travier, l’innovation n’existe que si elle est commercialisée ! Effectivement, l’innovation est quelque chose qui est commercialisé avec succès, le reste n’est que tentative d’innovation. Pourquoi est-ce si difficile d’innover ? Parce qu’il n’y a pas de recette gagnante ! Voici tout de même quelques freins à la commercialisation identifiés par monsieur Travier :

La culture du dirigeant : il faut que l’innovation soit ancrée dans la tête et la culture du dirigeant, sans quoi l’entreprise n’y adhérera pas efficacement.

  • L’inculture commerciale : il faut savoir dans quoi on s’embarque.
  • Le mépris du commercial : la vente n’est pas à la base de la culture française.
  • Le produit est tellement bon qu’il se vendra tout seul : quand on croit en notre produit, on a tendance à penser que les gens se jetteront dessus pour l’acheter, mais ce n’est pas si simple que ça.  Il n’y a pas vraiment de lien entre le fait qu’un produit est bon et qu’il se vendra.

Christian Travier1

Le piège du garage : commencer son entreprise dans un garage, un classique ! Mais peut-être pas toujours la meilleure technique.

  • Le travail en vase clos : on se retrouve seul avec soi-même, sans opinion ni aide des autres.
  • L’ignorance de la concurrence : plusieurs personnes travaillent sur le même projet sans le savoir et, évidemment, un seul qui commercialisera son projet le premier. En s’isolant, nous oublions de regarder ce qui se fait autour de nous. Très souvent, « l’idée ne vaut pas grand-chose, c’est l’exécution de l’idée qui compte ».

Christian Travier2

Le mauvais timing : trop tard ou trop tôt ! C’est le frein le plus difficile, selon monsieur Travier, parce que le timing ne dépend pas beaucoup de nous.

  • Le produit n’est jamais fini : en tant que créateur du produit, on veut toujours l’améliorer, et comme il y a toujours place à l’amélioration, on se fait prendre au jeu et un autre entrepreneur développe le produit avant nous.
  • Les moyens sont insuffisants : comme on ne fait pas d’argent avec le produit au début, il vient un temps où les fonds sont épuisés. Une erreur en commercialisation est de ne pas anticiper les coûts, et Christian Travier suggère fortement d’en prévoir plus que prévu.
  • Trop en avance sur le marché : parfois on a une bonne idée, mais il est trop tôt. Il faut penser aux clients potentiels. Sont-ils prêts maintenant ?

Christian Travier3

Le client ! Mais quel client ? Le plus important n’est pas de vendre quelque chose, mais bien de le vendre à quelqu’un !

  • Peur de la réaction des clients : on travaille longtemps sur un produit, on a donc peur que nos clients potentiels ne l’apprécient pas. La solution est de faire un test sur un échantillon d’utilisateurs avant d’aller trop loin dans son projet.
  • Refus d’écouter le client : si les clients n’aiment pas notre produit, mais qu’on ne les écoute pas, on a très peu de chance de réussir à leur vendre notre produit.
  • Besoin non validé : il faut s’assurer qu’il y a un marché pour le produit qu’on crée. Est-ce que le produit répond à un besoin essentiel ?

Christian Travier4

Accéder au bon canal de commercialisation et choisir le bon modèle économique

c’est bien beau tout ça, mais maintenant comment je vends ? C’est une question que les gens se posent beaucoup trop tard.

Christian Travier5

Neoshop

Après avoir identifié tous ces freins à la commercialisation, monsieur Christian Travier s’est demandé comment il pourrait aider les start-ups à commercialiser leurs innovations. Celui-ci a ainsi développé le concept de Neoshop : la première boutique de l’innovation destinée au lancement des produits de start-up. Dans la capsule qui suit, Christian Travier vous donne plus de détails sur Neoshop.

Christian Travier6

À PROPOS DE CHRISTIAN TRAVIER

Christian Travier, Ingénieur et Docteur en physique, a exercé durant sa carrière tous les métiers de l’innovation depuis la recherche jusqu’au financement, en passant par le transfert de technologie, la valorisation et l’incubation. Depuis 2006, il est le Directeur de Laval Mayenne Technopole. Passionné par la nouveauté, curieux des aventures humaines, optimiste convaincu, innovateur enthousiaste, Christian Travier a lancé Idenergie en 2007, le premier accélérateur de startups français et Neoshop en 2013, la première boutique de l’innovation, plateforme commerciale pour les startups.