Faire parler les données pour créer de la valeur

mars 30, 2017 7:19 Publié par Marilyn Remillard Catégorisé dans:

Dans l’environnement d’affaires actuel, le nerf de la guerre, ce n’est plus seulement l’argent, mais aussi les données. Or, si les entreprises disposent d’une grande quantité de données, elles sont encore peu nombreuses à les exploiter pour en tirer le carburant nécessaire à leur croissance.

«En exploitant bien ses données, on peut trouver de nouvelles opportunités d’affaires, effectuer des analyses plus approfondies, détecter des comportements malicieux ou encore optimiser des processus», énumère Ralph Van Coillie, président du Réseau Intelligence d’affaires, un regroupement d’entreprises qui font parler leurs données.

L’intelligence d’affaires repose sur les données. Mais son objectif, c’est de produire de l’information tactique et stratégique pour aider les entreprises à prendre des décisions plus éclairées. Avec à la clé, un avantage concurrentiel certain.

En effet, lorsqu’une entreprise a une information structurée sur ses clients, ses produits, ses fournisseurs, ses processus, ses ventes, ses stocks et ainsi de suite, elle a une longueur d’avance sur ses concurrents.

M. Van Coillie partagera son expérience sur le sujet lors de la Conférence Intelligence d’affaires et analytique, présentée le 8 juin prochain à Québec par Les Événements Les Affaires. Alors qu’il était directeur de l’intelligence d’affaires chez Desjardins, il a piloté l’implantation d’un centre d’expertise en la matière qui dessert 110 unités d’affaires : risques, marketing, ressources humaines, centre d’appels, etc.

Plusieurs usages

L’intelligence d’affaires brise les silos entre les départements d’une entreprise. « Par exemple, on peut constater que le Ralph qui contacte le centre d’appels et le Ralph qui se rend en succursale sont une seule et même personne », illustre-t-il. Utile autant pour le service à la clientèle que pour le marketing…

Avec un portrait plus complet des clients, on peut définir des catégories de consommateurs au profil similaire. Et proposer ensuite à chacun des offres plus personnalisées. Bref, le bon service à la bonne personne au bon moment.

«Plus on traite les clients de façon personnalisée, meilleure sera la relation d’affaires», affirme Ralph Van Coillie.

L’intelligence d’affaires a aussi fait ses preuves dans la détection des fraudes. «En examinant les données, on peut déceler des constantes dans les fraudes. On place ensuite des alertes dans les systèmes pour amener en vérification les comportements louches.»

L’entretien des équipements manufacturiers constitue un autre exemple où l’intelligence d’affaires peut apporter des bénéfices. Si une entreprise faisait l’entretien de ses machines tous les trois mois et que l’interprétation des données révèle que le moment optimal est tous les quatre mois, elle vient alors de réduire ses coûts de production.

Gestion des stocks, planification de la production, choix d’un emplacement d’affaires, amélioration des produits… L’intelligence d’affaires est un outil d’aide à la décision dans plusieurs domaines.

Pour un bon départ

Pour se lancer, il faut d’abord déterminer les données auxquelles on a accès et dans quels systèmes. «Souvent, les entreprises veulent manger l’éléphant d’un coup, c’est-à-dire qu’elles commencent par centraliser toutes leurs données, dit Ralph Van Coillie. C’est une erreur qui peut coûter cher, car les données ne sont pas toutes de la même qualité.»

Son conseil ? Il vaut mieux évaluer les données là où elles sont. Si l’entreprise a dix départements, elle fera l’inventaire des données de chacun pour définir lesquelles pourraient être profitables selon l’usage qu’elle souhaite en faire. Ensuite, elle rassemblera dans le même système seulement celles qui sont pertinentes.

La prochaine étape consistera à faire parler les données en les croisant entre elles et avec des données externes. «C’est là qu’on commence à voir des choses qu’on ne pouvait pas voir auparavant et que tout le potentiel de l’intelligence d’affaires se révèle», conclut Ralph Van Coillie.

Source : Les affaires, 29 mars 2017