Composer avec le marketing numérique en fonction de ses moyens

février 23, 2017 3:39 Publié par Marilyn Remillard Catégorisé dans:

Peu importe les secteurs d’entreprise, tout le monde s’entend pour dire qu’il faut prendre le virage du marketing numérique pour rehausser l’expérience client. La théorie marketing des 4P de Philip Kotler (Product, Price, Place et Promotion) ne suffit plus pour se distinguer sur les marchés. Mais comment aborder ce virage à la hauteur de ses moyens?

«Il faut d’abord que l’entreprise se questionne sur elle-même. A-t-elle vraiment un problème marketing? Faut-il le régler maintenant?  Et combien ça coûte si on ne s’en occupe pas en ce moment?», a indiqué MQ Qureshi, devant les 250 participants du tout premier sommet Marketing à l’ère de la transformation numérique, présenté par Les Événements Les Affaires, le 21 février dernier,  au Centre Phi, à Montréal.

Cet expert en stratégie numérique, qui a travaillé entre autres pour McDonalds Corp, W.W Grainger et GM, a rappelé qu’une entreprise avait tout avantage à bien connaître sa clientèle. Elle doit détenir un maximum de données sur elle afin d’établir les meilleures stratégies expérience client en fonction de ses objectifs.

Composer avec le choc des cultures

En plus de répondre à ces questionnements, plusieurs entreprises devront composer avec le choc des cultures et de possibles frictions entre les partisans du marketing traditionnel et ceux du marketing numérique. Raisons pour lesquelles une entreprise qui souhaite prendre le virage du marketing numérique a tout intérêt à développer une communauté d’agents du changement au sein de la direction et au sein de tous ses départements, a recommandé le conférencier Eric Desrosiers, directeur général Relation1, une firme de solutions de marketing ciblé.

Susciter la participation des employés

Chez Financière Sunlife Québec, on reconnaît que le marketing n’est plus l’affaire d’un seul département. « Même nos TI font du marketing en se souciant de l’expérience-client » a tenu à souligner la paneliste Anne-Marie Buchanan, directrice marketing et communications de cette société d’assurances.  « Aujourd’hui, les équipes marketing ne peuvent pas tout faire. Il faut toutefois s’assurer de tout savoir ce qui se passe au sein de l’entreprise afin que les stratégies déployées demeurent cohérentes », a-t-elle ajouté lors de la discussion sur le rôle des directeurs marketing à l’ère numérique.

La collaboration des employés a justement joué un rôle dans le succès des récentes campagnes (nouvelle image et numériques) chez Stingray Musique, a fait savoir la conférencière Julie Benoît, vice-présidente marketing produit au sein de l’entreprise montréalaise. Des campagnes dont la synergie éditoriale a interpelé de nombreuses équipes. Publicité, emails marketing, promotion, relation publique et bien sûr l’équipe des médias sociaux ont mis de l’avant les mêmes efforts, le même message. Ces campagnes, lancées avant la période des Fêtes -période de l’année où les playlists de Stingray sont les plus écoutées-, ont également mis en vedette une dizaine d’employés de l’entreprise qui partagent leurs goûts musicaux.

Parmi les constats : Sans avoir bénéficié d’un budget extravagant (moins de 500$), les campagnes numériques ont généré une hausse de plus de 240% sur le site web de l’entreprise.  Le nombre de téléchargement sur l’application mobile Stingray a grimpé de 220%. «On a réalisé que la publicité payée sur Facebook et Instagram ne valaient pas le coup. On a obtenu d’aussi bons résultats avec l’aide de Google Adwords», a souligné Julie Benoit. Bref, le marketing numérique, particulièrement avec l’utilisation des médias sociaux, n’a pas coûté cher. «Et en plus, on a pu s’ajuster en cours de route pour corriger ce qui n’allait pas», a rapporté Julie Benoit à l’auditoire.

Des outils accessibles…et profitables

Les outils de Google ont également donné un bon coup de pouce à la Banque de développement du Canada (BDC), a signalé le conférencier Mario Toussaint directeur expérience numérique de l’organisation.

Il y a 18 mois, son équipe a utilisé et adapté des formules de Google Analytics pour mesurer les revenus de l’entreprise influencés par le canal numérique. Résultat? « Il est encore difficile d’établir une causalité entre nos efforts numériques et les résultats financiers de l’organisation. Mais on constate une progression continue des visites sur le site BDC.ca ainsi que des leads et transactions où le web a joué un rôle significatif», a-t-il indiqué.

En effet, le trafic web a augmenté de 33% au cours des 10 derniers mois, comparativement à la même période l’an dernier. Et les abonnés aux programmes de «lead nurturing» par courriel ont augmenté de 52% sur la même période.

Et au-delà de ce trafic, plus de 5% des «leads» qui passent l’étape de pré-qualification effectuée par l’équipe de Centre de Contact Clients est acheminée aux équipes des ventes. Un processus dont le taux de réussite de transactions frôle les 60%. «Un taux que l’on considère exceptionnellement élevé chez BDC», a précisé Mario Toussaint.

Source : Les affaires, 23 février 2017